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Il y a cinq ans jour pour jour, le 25 mars 2012, nous inaugurions le Mémorial de l’Abolition de l’Esclavage. Premier et, à l’époque, du genre en Europe, ce lieu mémoriel nous permettait d’affronter avec courage, intelligence et détermination une des pages les plus douloureuses du patrimoine historique nantais.

Fruit de la lutte entamée par bon nombre de Nantais d’origine africaine antillaise mais aussi Nantais de souche, ce projet voulait unir et éviter l‘éclatement, cette démarche se donnait pour mission de clarifier l’articulation entre histoire et mémoire et, ainsi, nous éviter de rester prisonniers du passé. Le devoir de mémoire méritait qu’un légitime travail s’engage afin que la société ne reste pas « en colère d’elle-même ».

Ce que nous visions alors était la création d’une représentation évocatrice d’un passé douloureux, de symboles de la lutte de ceux qui en ont été les victimes ; nous appelions de nos vœux la mise en place de sources de connaissance, d’éducation et mais aussi de la concrétisation de la volonté de témoigner de notre désir ardent de relier passé, présent et avenir.

Alors que dès 1986, Mémoire de l’Outre Mer réunissait ses adhérents et sympathisants à quelques encablures de ce lieu, sur les quais de la Fosse, à la fin avril pour une cérémonie annuelle et un jet de fleurs dans la Loire, à la mémoire des Esclaves et pour commémorer l’Abolition de l’Esclavage, il fut décidé, par le collectif du 150° anniversaire de l’Abolition de l’Esclavage, de faire du 24 avril 1998, un moment intense. Sur le lieu habituel de célébration, l’association fit ériger puis dévoila une statue qui figurait une esclave décharnée mais libre de ses chaînes qu’elle brandissait au ciel.

Cette œuvre qui se voulait à la fois provocatrice vis-à-vis d’une réelle frilosité de la part des autorités municipales, visait aussi à faire la preuve de la détermination des acteurs associatifs pour que la Ville s’engage réellement sur la réalisation d’un véritable lieu mémoriel.

A peine  huit jours plus tard, le 1er mai 1998, la statue était hélas profanée, créant un fort émoi dans la communauté afro-antillaise nantaise mais aussi bien au-delà.

Révoltés les membres du Collectif du 150°, forts de l’appui d’une large population choquée par cet acte abject, obtiendront cette fois l’engagement de la Municipalité pour  adopter définitivement le principe de l’édification d’un monument. La statue de Liza Marcault-Derouard a été transférée et est dorénavant visible au musée du Château du Ducs de Bretagne.

1998/2012, ces quatorze années entre la décision municipale et l’inauguration dont nous fêtons aujourd’hui les cinq ans, sera un période jalonnée de difficultés multiples. Les réunions autour du projet, dont la première ne s’est tenue qu’en 2000, furent souvent tendues, ardues, voire houleuses.

La loi TAUBIRA du 21 mai 2001 qui institua la traite négrière atlantique et l’esclavage crime contre l’humanité plaçant ainsi la nation française en tête de ligne et premier pays au monde à « …célébrer l’entrée des descendants d’esclaves dans la communauté nationale... », puis l’instauration, en 2006, par le président CHIRAC, du 10 mai comme journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage servirent de stimulant à la détermination des acteurs pour la reconnaissance de cette identité noire spécifique et l’édification du Mémorial.

Années après années, de difficultés résolues en attaques vaincues, d’obstacles techniques levés en financement problématique assumé grâce aux investissements municipaux, métropolitains et européens, le Mémorial est sorti de terre et du fleuve pour devenir un lieu cher à la conscience collective nantaise. Tous les jours, il est visité par les habitants dont nombreux sont ceux qui tiennent à le présenter à leur famille et amis de passage à Nantes. Parce que les Nantais ont investi ce Mémorial, ils lui ont donné une renommée aujourd’hui internationale.

Il ne se passe pas une semaine sans que plusieurs groupes scolaires n’investissent les lieux pour la théorie soit illustrée par une pédagogie active sur site.

Nul ne vient dorénavant dans la région, sans demander à visiter cet espace mémoriel conçu pour témoigner du passé, pour éduquer au présent et pour prévenir les générations futures que le drame de l’asservissement humain dévaste tout.

Chers Amis, ce jour de célébration ne doit pas nous faire oublier, pour autant, que notre vigilance est indispensable. N’oublions pas que majorité ne signifie pas unanimité. Ainsi souvenez-vous du réveil douloureux que nous avons connu un certain dimanche 18 janvier 2015, retrouvant le Mémorial dégradé et couvert d’inscription à caractère raciste. Regardez à vos pieds les quelques plaques portant le nom des navires négriers brisées par des volontés lâches et rétrogrades de salir la haute valeur de ce lieu. Une des grandes parois vitrées, dans la déambulation inférieure du Mémorial, a été la cible de projectiles. Alors, NON nous ne devons pas relâcher notre engagement, NON il n’est pas l’heure de céder à l’angélisme de croire que tout est acquis, NON nous n’accepterons pas le recul indécent que représenterait la dégradation du Mémorial sans notre ferme et absolue résistance.

L'après-midi a été animée par le groupe Amazin'Gospel. 

 

Nos frères haïtiens, une nouvelle fois, ont été frappés par le malheur.

Pays meurtri dès son avènement, la terre haïtienne vient de subir les assauts de ce terrible ouragan Matthew.

En ce 14 janvier 2017, près de sept années presque jour pour jour après l’affreuse catastrophe du séisme du 10 janvier 2010, Mémoire de l’Outre Mer, aux côtés des associations haïtiennes GAMAH, l’AFHAD, l’ASCFH, se mobilise pour qu’ensemble nous puissions témoigner de notre solidarité au peuple haïtien par notre présence à ses côtés et nos dons afin que les  habitants touchés par le deuil et la désolation, puissent une nouvelle fois tout mettre en œuvre pour se relever.

En présence de Mackenzy ORCEL : écrivain Haïtien et des jeunes du conservatoire de Châteaubriand.

La soirée s’est terminée par un repas préparé par l’Association Socio Culturelle France Haïti.

Sur les quais de Loire, entre le pont Anne-de-Bretagne et la passerelle Victor-Schœlcher, s’étend une promenade végétalisée de 7000 m2. Tout au long de cette esplanade sont réparties 2000 plaques de verre. 1710 rappellent le nom des navires et les dates de départ des expéditions négrières nantaises. Les 290 autres plaques indiquent les comptoirs négriers, les ports d’escale et les ports de vente en Afrique, aux Antilles, aux Amériques et en Océan Indien. Au rythme de ses pas, le visiteur prend conscience de l’ampleur de cette tragédie.

Pour la Ville de Nantes, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage, témoignage d’une mémoire assumée et dépasse le cadre de l’histoire locale. Hommage aux millions de victimes de la traite et de l’esclavage à travers le monde, hommage à ceux qui se dressèrent contre ce crime, hommage aux luttes d’hier et d’aujourd’hui, il est porteur d’un message universel de solidarité et de fraternité. Ce monument, d’une portée internationale n’a pas vocation d’expliquer l’histoire. Il se veut être un point d’ancrage et de repère dans la construction d’une conscience collective refusant toute forme d’asservissement et affirmant la richesse et la diversité humaine.

Implanté sur le quai de la Fosse, lieu symbolique de la ville qui a vu partir de nombreux navires négriers vers l’Afrique, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage a ouvert au public le 25 mars 2012.

Il existe de nombreux monuments à travers le monde en souvenir des victimes de la traite et de l’esclavage ou commémorant l’abolition de l’esclavage. Le Mémorial de Nantes est le plus important d’Europe et l’un des plus grands au monde.

 Source site Mémorial à Nantes

Sur les traces du passé négrier de Nantes

L’Association Mémoire de l’outre-mer organise dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière, un rallye historique cheminant dans les rues de Nantes. Ce rallye est à l’intention des écoles primaires, en collaboration avec les équipes enseignantes. 

A partir d’un support écrit, les enfants parcourent le centre ville de Nantes, l’île Feydeau en particulier. Puis ils traversent la passerelle Schœlcher et longent la Loire pour revenir vers le Quai de la Fosse et surtout, le Mémorial.Guidés par le questionnaire,  accompagnés par leur enseignant, les jeunes élèves découvrent une part de Nantes qu'ils connaissent peu. Ils apprennent à lever les yeux et à observer la ville, avec son architecture du XVIIIème siècle, autant de bâtiments qui sont des témoignages du passé. Ils découvrent l'histoire négrière et sont amenés à réfléchir sur ce thème lors de la visite du Mémorial, qui est lieu de mémoire, de réflexion, mais aussi d'émotion.

La ville de Nantes soutient cette initiative depuis déjà quelques années. Une remise de prix officielle est organisée au mois de mai. Un membre du conseil municipal y assiste, et à cette occasion, des livres sont remis aux écoles qui ont participé.

Mots d’enfants écrits en 2016 par les élèves de CM2 de l’école les Marsauderies à Nantes après avoir participé au rallye

Discours du Président Michel Cocotier lors de la remise de prix 2017 aux élèves lauréats du Rallye.

Chers amis, chers élèves, chers professeurs,

Nous sommes très heureux, pour cette douzième édition de la journée nationale des mémoires de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions, de vous réunir ici même pour la remise des prix du traditionnel rallye organisé par l’association Mémoire de l’Outre Mer. Ce rallye, destiné aux élèves des établissements scolaires nantais, est, pour nous, l’occasion de mettre en cohérence cette page douloureuse de l’histoire de l’humanité avec le patrimoine historique local de l’agglomération nantaise.

Pendant quatre siècle des navires négriers ont embarqué de puis Nantes les denrées produites à l’échelon régionale qui servaient, une fois les côtes africaines atteintes, de monnaie d’échange, contre les esclaves embarqués de force pour un

voyage sans retour vers les Amériques. Si Nantes activement participé à ce trafic, son rôle pionnier, aujourd’hui, dans la célébration de la mémoire des victimes de la traite et de l’esclavage place cette ville en tête de ceux qui estiment que la

Commémoration du 10 mai est un acte d’éducation en même temps que de prévention pour que jamais de tels faits se reproduisent. L’homme doit être respecté parce qu’il est homme non parce qu’il est blanc, riche, cultivé et puissant.

Nous sommes heureux de la franche adhésion des professeurs des écoles à cette modeste contribution qu’est celle de Mémoire de l’Outre Mer à œuvrer pour que les plus jeunes, en découvrant l’histoire du territoire où ils vivent aujourd’hui, appréhendent mieux et comprennent l’importance de la personne humaine quelles que soient sa couleur, ses croyances, ses origines.

Nous tenons à remercier chaleureusement tous les participants à ce rallye de leur intérêt et de leur implication dans cette initiative humblement pédagogique qui est la nôtre. Pour finir, un grand merci aussi à la Ville de Nantes qui nous apporte son soutien pour que chacun soit récompensé de son investissement et pour que la remise de ces prix soit un moment de franche et heureuse convivialité.